Colloque 2007
29e COLLOQUE CSEEE - L'électricien et l'architecte : une relation à developper
"D'un côté les équipements techniques du bâtiment deviennent complexes et incontournable dans la démarche de l'architecte. De l'autre, les entreprises de l'équipement électrique voient la part de la valeur ajoutée se réduire d'année en année. Ces deux tendances convergent vers une seule issue : un travail en commun, concerté et effectif en amont des projets."Une fois n'est pas coutume, le thème de ce 29e colloque CSEEE (1) est centré sur les acteurs, des hommes et des femmes, et non pas sur les techniques. Est-ce le signe que nous avons besoin aujourd'hui de replacer l'homme au centre de l'évolution de nos métiers ? Certainement. D'autant plus que le paysage de la construction évolue... « Cette question de la relation entre l'architecte et l'électricien nous amène à une réflexion générale sur l'évolution de nos métiers dans les années à venir, lance Emmanuel Gravier, président de la CSEEE. Une évolution en rapport avec les économies d'énergie, la sécurité, la sûreté, les évolutions technologiques... mais aussi avec l'esthétique des réalisations. C'est à ce stade qu'intervient l'architecte... et nous entraîne dans sa démarche. »
Alors, comment conjuguer des talents et des univers professionnels qui n'ont pas forcément l'habitude de travailler ensemble ? Pour l'architecte, les enjeux esthétiques restent les enjeux de base, sans pour autant exclure le débat avec les professionnels, afin de mieux intégrer les technologies de plus en plus complexes... Entrons dans le débat.
Les fonctions de l'électricité vue par un architecte
![]() | Présentée en introduction du colloque, l'architecture de Dominique
Perrault relève souvent d'un jeu avec l'espace et d'une façon générale
avec la lumière. L'éclairage est un sujet de réflexion pour
l'architecture même. Sans lumière, elle n'existe pas. Le jour, avec un éclairage naturel le plus efficace possible, et la nuit avec l'éclairage artificiel. « Dès l'étape d'avant projet, nous travaillons avec l'éclairagiste, notre premier interlocuteur, explique Marc Marten, architecte en charge des projets internationaux au sein du cabinet Dominique Perrault. Ensuite, nous élargissons le débat avec les industriels, offreurs de solutions d'éclairage. Nous insistons sur la mise en lumière et sur la création d'ambiances. Mais il ne faut pas installer trop de lumière artificielle... Nous cherchons surtout un niveau de qualité avec l'aide de spécialistes, en amont des projets, voire au niveau des maquettes, sur lesquelles il nous arrive d'intégrer la lumière. Le pire, reste l'éclairage de dernière minute qui trahit le fait d'avoir été ajouté à la fin d'un projet ! À éclairage naturel et artificiel, nous ajoutons l'éclairage artistique qui, à lui seul, met en valeur l'atmosphère de l'architecture... le tout, parfois avec des équipements un peu spéciaux. » » Existe-t-il une incompatibilité entre mise en lumière des bâtiments et les économies d'énergie ? « Cela dépend des projets, de leur envergure et de l'image que le client souhaite donner, précise Marc Marten. Par ailleurs, les luminaires basse consommation doivent être considérés, mais la couleur de l'éclairage n'est pas toujours en accord avec les effets recherchés ! Quoi qu'il en soit, cette réflexion apparaît de plus en plus. Aujourd'hui, nombreux sont les clients, surtout privés et pour des projets de bureaux, qui nous demandent des études de consommation en exploitation. Lorsque les bâtiments sont destinés à la vente ou à la location, c'est une question de charges d'exploitation. Il nous appartient, ainsi qu'aux bureaux d'études, de prendre en compte cette question. Mais nous en sommes encore qu'au début. Un jour, nous serons capables de réaliser des bâtiments qui produisent plus d'énergie qu'ils n'en consomment ! » |
Face à l'intégration des technologies
L'architecte se trouve de plus en plus confronté à des problématiques d'intégration et d'évolutions technologiques pour répondre aux nouveaux besoins d'efficacité et de rationalisation du bâtiment. « Par exemple, nous avons recours à des façades double peau dotées d'ouvrants motorisés et permettant de réduire les consommations énergétiques, ajoute Marc Marten. Comme d'autres évolutions, cette fonction de ventilation naturelle, supervisée par un système centralisé, influence l'architecture... Autre tendance avec le concept de la poutre froide qui intègre une grande partie du cheminement des câbles et appareillages : éclairage, sprinklers, climatisation... Cette poutre froide permet de supprimer les faux plafonds et de gagner jusqu'à 20 à 30 cm de hauteur par étage. Sur une tour de 60 étages, on gagne ainsi 3 ou 4 niveaux ! La structure du bâtiment peut aussi intégrer des panneaux photovoltaïques.Bien que nous fassions des choix pour des raisons architecturales, les électriciens, entreprises d'installations et bureaux d'études spécialisés, peuvent apporter leur propre regard et être force de propositions. Cela est nécessaire pour le bon déroulement d'un projet.
D'une façon générale, les équipements électriques occupent une place croissante dans les bâtiments. Ils sont dans bien des cas un peu trop spécialisés pour l'architecte. Même si nous devons comprendre comment ils fonctionnent, cela reste très pointu. »
Et les fonctions du bâtiment ?
| « De l'œuvre de l'architecte, notamment sur de grands projets
internationaux, ressort principalement la coque du bâti, l'enveloppe du
bâtiment. Là, se trouve l'œuvre artistique, la signature recherchée par
le donneur d'ordre, souligne Olivier Le Berre, responsable marketing
France chez Legrand. Mais le contenu, ou plus exactement la finalité du
bâtiment et ses usages sont-ils réellement pris en compte ? La
performance du bâtiment aussi bien en termes de productivité que de
confort n'apparaît pas aussi facilement dans le cadre de tels projets
d'envergure ! La véritable question est de savoir à quel moment les
finalités du bâtiment sont prises en compte... entre architectes et
corps de métier du bâtiment, notamment avec les entreprises
d'électricité. Le chemin à parcourir entre architecte et corps d'état
techniques, peut se résumer ainsi : l'un doit affiner sa sensibilité
“artistique”, tandis que l'autre doit développer sont approche
“technique”. » | |
Quelle valeur ajoutée sur les chantiers ?
À l'origine, intervenait le maître maçon, à la fois concepteur et entrepreneur. La charge foncière des projets était peu importante et les frais financiers inexistants. Au cours du 19éme siècle, le second-œuvre est apparu tandis que la fonction de conception se séparait de celle d'exécution. Au fil des années, la charge foncière a pris une part de plus en plus importante... puis la prolifération des métiers autour du bâtiment. « Il y a une trentaine d'années encore, de nombreux intervenants se partageaient la valeur ajoutée sur les chantiers, explique Bertrand Fabre, directeur des rédactions du Groupe Moniteur, ancien directeur des affaires juridiques et fiscales de la FFB. Depuis, se sont développés les partenaires industriels. Ces industriels ont ainsi capté une part croissance de la valeur ajoutée, grâce la fabrication en atelier et en usine. On trouve les raisons de ce mouvement dans la recherche de gains de productivité pour réduire la durée des chantiers et dans la démarche qualité. Cette révolution a fait passer le chantier d'une économie de façonnage à une économie d'assemblage. Le plâtrier est devenu cloisonneur ! »Comment l'entrepreneur voit-il cette perte de valeur ajoutée ? « Certains en souffrent, d'autres réfléchissent à une approche d'ensemblier, via la négociation technique et économique en amont de l'ouvrage, lance Bertrand Fabre, en rejoignant les conclusions de Marc Marten. Parmi les acteurs les plus dynamiques, se placent de nombreuses entreprises de l'équipement électrique, conscientes de ce dialogue en amont, utile à la formulation d'une offre globale. Mais pour cela, il faut véritablement écouter le client ! »
Le dialogue entre architectes et électriciens est aussi, ne l'oublions pas, proportionnel à l'enveloppe de la valeur ajoutée sur le chantier. Et sur ce point, le rapport initial entre main d'œuvre et matériel se trouve aujourd'hui totalement inversé aux yeux de l'électricien et des corps d'état techniques en général. Aujourd'hui, avec 30 % de main d'œuvre et 70 % de matériel, il est relativement difficile d'apporter la valeur ajoutée attendue !
Une place à prendre
| « A priori, les architectes et décorateurs se préoccupent peu de la
place de l'électricité, remarque Emmanuel Gravier, président de la
CSEEE. Sauf que les rapports évoluen t. Les architectes ont de plus en
plus besoin que les électriciens leur apportent conseils et
prescriptions pour mener à bien leurs projets ! » « Il y a une trentaine d'années, les architectes n'avaient pas vraiment l'habitude de faire appel à des bureaux d'études spécialisés, rappelle Jean-Marc Casso, dirigeant du Groupe Casso, bureau d'études spécialisé dans le domaine de la sécurité incendie. Depuis, les évolutions successives de la réglementation en matière de sécurité incendie ont donné naissance à une littérature imposante. Lois, décrets, arrêtés ont débouché sur des circulaires et des normes à appliquer. Au cours de ces évolutions, l'état d'esprit sécuritaire a fortement évolué au sein des bureaux d'études, des cabinets d'architectes et aussi dans les entreprises. Aujourd'hui, l'architecte fait généralement intervenir nos services dès la première esquisse, voire dès le concours. » Vos relations avec les architectes sont-elles aujourd'hui arrivées à maturité ? « Le chemin mesuré est important. Car le réflexe de l'architecte est perceptible en amont du projet, précise sans hésiter Jean-Marc Casso. Mais il reste encore quelques progrès à accomplir, notamment sur le fait de travailler en équipe. Car on ne peut pas concevoir la sécurité incendie sans que l'ensemble des acteurs ne participe à sa conception. Notre bureau d'études intervient en tant que “spécialiste généraliste”, car nous sommes présents dans tous les domaines de la construction et dans toutes les installations techniques, de puissance ou de courant faible : désenfumage, moyens de secours, détection incendie, systèmes de sécurité incendie. Nos connaissances permettent d'éclairer le travail de l'architecte. » Les professionnels de l'électricité ont-ils les bonnes compétences pour installer et suivre de telles installations ? « Grâce à la formation, d'importants progrès ont été accomplis en termes de maîtrise des équipements. De leur coté, les équipements de sécurité incendie, et notamment les SSI, ont fait l'objet d'évolutions significatives. Ces systèmes sont devenus très complexes et sophistiqués, encore loin d'être maîtrisés par tous les acteurs de la profession, avoue Jean-Marc Casso. D'ailleurs, la lecture même des tableaux d'alarmes n'est pas toujours correctement maîtrisée par les utilisateurs ! Reste encore à résoudre des problèmes d'exploitation et de maintenance. Il faudrait peut-être aussi prévoir une simplification de ces systèmes afin que leur utilisation n'en devienne que plus efficace. » Quelle priorité ? Simplifier les systèmes ou mieux former les futurs professionnels ? « Ces deux directions doivent être exploitées. Il y a bien sûr des installations à simplifier, car certains bâtiments ne nécessitent pas une sophistication aussi poussée. En revanche, d'autres bâtiments de plus grande envergure ont besoin des systèmes les plus performants. Dans ce cas, la formation doit venir en appui pour une exploitation efficace des équipements. Entre l'utilisateur et le concepteur des systèmes, intervient l'entreprise. L'entrepreneur lui-même doit faire preuve de capacités et d'un certain niveau de compétence pour choisir le bon matériel en adéquation avec le site. » « Il reste à progresser sur le marché de la sécurité incendie en termes de formation des professionnels, ajoute Olivier Le Berre. Le dialogue existe aujourd'hui, simplement parce qu'il est obligatoire ! Faute de systèmes de sécurité incendie, les bâtiments qui relèvent du règlement de la détection incendie ne peuvent tout simplement pas ouvrir leurs portes. » « La FFB région Paris Ile-de-France ne peut qu'être sensible à une telle démarche de rapprochement entre acteurs de l'acte de construire, intervient son président, Georges Rigaud. Une des missions essentielles de notre organisation professionnelle est de “connecter” des professionnels des différents corps d'état, d'organiser leur dialogue et leurs actions. Favoriser de nouveaux échanges entre les réalisateurs de l'ouvrage et les architectes est une démarche qui se justifie pleinement. Tous nos métiers de la construction connaissent actuellement des mutations importantes. Ils sont influencés par la réglementation, l'innovation technologique et les nouvelles attentes des maîtres d'ouvrage. L'exploitation des bâtiments, leur évolutivité, leur sécurité, font que la maîtrise d'œuvre est aujourd'hui encore plus complexe. Nous sommes conscients que le travail de nos amis architectes et bureaux d'études est difficile. Il manque d'échanges d'information entre concepteurs et réalisateurs de l'ouvrage. C'est pourquoi nos entreprises ont un rôle de conseil à jouer et doivent sortir les projets d'une logique amont-aval. » |
Mais avec quel rôle ?
« La technologie n'est jamais qu'un moyen qui permet d'atteindre des objectifs. Mais il est vrai que la technologie peut se compliquer. Pour qu'un système soit correctement utilisé, l'interface d'exploitation et de maintenance doivent être relativement simple d'approche, explique Olivier Le Berre, Cela explique aussi, avec la généralisation de l'électronique, que les professionnels se trouvent aujourd'hui en face de “boîtes noires” sur lesquelles ils ne peuvent plus intervenir. Il ne s'agit plus de réparer, mais de diagnostiquer et de remplacer. »Entre une offre produits complexe et un architecte adoptant une casquette d'ensemblier, quel rôle d'intégrateur ou d'interface l'entreprise d'électricité peut-elle avoir ? « Si le dialogue a lieu, a priori, les entreprises d'installations électriques ou les bureaux d'études techniques sont autant d'interlocuteurs valables pour les architectes ou les maîtres d'ouvrages. »
« Il existe aujourd'hui un facteur d'évolution fort. La tendance au développement durable et la dimension liée à la performance énergétique du bâtiment vont aboutir à une réglementation qui fera du bâtiment de demain un objet de performance au sens de la consommation énergétique et de l'efficacité globale, précise Olivier Le Berre. L'impact sur l'enveloppe et les matériaux utilisés, sera relayé par le haut niveau de gestion de l'ensemble des applications techniques du bâtiment. C'est une opportunité incroyable qui se présente aux acteurs de l'électrotechnique. Car il faudra maîtriser l'ensemble de ces procédés pour atteindre les objectifs de performance. À terme, tous les bâtiments seront classés selon une grille d'efficacité énergétique. Cet affichage aura un impact au niveau des investisseurs. Dans ce contexte, un bâtiment performant ne dégradera pas la capitalisation engagée. Ce phénomène sera aussi un accélérateur des nouvelles technologies. »
L'installateur électricien deviendra-t-il un électronicien ? « Je ne pense pas. Il restera électricien, en lien avec les courants forts. En revanche, il verra arriver des produits qui embarquent de plus en plus d'électronique. Les courants forts vont d'ailleurs de plus en plus transporter de l'information afin que le procédé géré soit plus finement adapté au contexte. »
« Les électriciens ont tout intérêt à se rapprocher des architectes. Face à la complexité accrue des affaires, les architectes ont besoin d'un conseil, d'une aide extérieure, remarque Ludovic Frantz, directeur commercial du marché résidentiel chez Schneider Electric. Cela est d'autant plus vrai que les clients sont mieux sensibilisés sur les aspects de développement durable et d'efficacité énergétique, tandis que leur niveau d'exigence augmente.
Par ailleurs, les industriels savent aujourd'hui intégrer la signature architecturale recherchée par l'architecte. Nous savons réaliser des grandes séries tout en personnalisant des offres. Il faut que l'électricien sache capter ce besoin de valeur ajoutée chez le client. Sinon, d'autres professionnels s'en chargeront.
Nous avons un gros effort collectif de formation à fournir. De même en ce qui concerne la vulgarisation et la maîtrise des technologies, pour que l'installateur électricien puisse se placer au cœur des services d'après-vente et de maintenance. Pour les 5 à 10 ans à venir, il existe un véritable champ d'investigation à déployer ! »
En route vers les services
| De dimensions purement techniques et opérationnelles, les entreprises
prennent en charge la maîtrise des systèmes, le contrôle et
l'évaluation des performances. Est-ce un réel enjeu ? « Effectivement,
le bâtiment devient de plus en plus une machine à assurer des fonctions
telles que l'éclairage, le transport, la sécurité... Nous évoluons donc
inévitablement vers une économie de services, précise Bertrand Fabre.
Dans le monde de la construction et notamment dans le secteur de
l'équipement électrique, il existe trois types de services qu'il
convient s'assurer : avant, pendant et après le chantier. Avant le
chantier, il s'agit surtout de la fonction de conseil. Pendant le
chantier, intervient la coordination entre le gros œuvre et les
équipements techniques. Celle-ci n'est pas uniquement fonctionnelle,
mais parfois simplement dimensionnelle. Enfin, après le chantier,
entrent en jeu l'assistance et la maintenance. Pourquoi faut-il développer les services ? Tout d'abord parce que le client l'exige. D'autres acteurs tels que bureaux d'études, industriels.... s'en empareront si l'électricien n'en fait pas son affaire. Ensuite, parce que les services à l'acte de construire permettent de dégager des bénéfices ! » « La question de la performance énergétique des bâtiments est l'exemple qui vient le plus rapidement à l'esprit s'agissant du rôle de conseil de nos entreprises, ajoute Georges Rigaud, président de la FFB région Paris Ile-de-France. Pratiquement toutes nos professions sont mises à contribution et ressentent l'impact de cette nouvelle priorité. Le Grenelle de l'environnement a mis au premier plan notre secteur avec un défi énorme à relever tant dans le neuf qu'en rénovation. Ce regard nouveau sur le bâtiment, plus technologique, plus économe, plus respectueux de l'environnement... plus confortable aussi : charge à nous de le promouvoir, par la qualité, par la formation des hommes, par le dynamisme de nos entreprises et par une collaboration innovante des acteurs de la construction. » |
Une affaire de comportement
« Les architectes ont souvent à faire à des clients extrêmement exigeants. Naturellement, cette exigence se répercute sur les professionnels qui l'entourent. Lorsqu'on fait appel à nos services d'électricien, qu'est-ce cela implique ? De recourir à la formation et d'anticiper le marché, insiste Emmanuel Gravier, président de la CSEEE. Nous sommes confrontés à l'évolution des services, des technologies... Il faut également que les électriciens fassent preuve d'un minimum de savoir-faire comportemental vis-à-vis de l'architecte. Sur un chantier, ce sont les compagnons et chefs d'équipes qui sont au contact avec lui. L'architecte prend alors des habitudes de travail avec certaines personnes et pas d'autres. Celles-ci savent exprimer une sensibilité et un savoir-être particulier. Ce type de relations implique pour les chefs d'entreprises de former leur personnel du point de vue du comportement, du management et de la relation commerciale. »Bâtiment : une entité au sein d'un réseau
Et l'énergie dans tout cela ? L'évolution du marché énergétique et des modes même de production d'électricité va fortement influencer le rôle actif du bâtiment et son interdépendance au sein d'un système de distribution électrique d'un nouveau genre.« Le bâtiment est un secteur clé dans la maîtrise des enjeux climatiques. C'est probablement le secteur permettant d'agir le plus facilement, sans trop bouleverser les modes de vie, avec des retours sur investissements pouvant être relativement courts, annonce Louis-Jacques Urvoas, chargé du marketing stratégique de la branche commerce à EDF. Ainsi, le bâtiment va devenir de plus en plus un objet énergétique complexe : dimension bioclimatique, gestion des apports solaires, stockage d'énergie, production d'énergie, outils de gestion technique...
Ce bâtiment va aussi devenir une composante des systèmes électriques locaux et régionaux. Historiquement, un réseau électrique reliait quelques dizaines, voire quelques centaines de sites de production d'électricité. À terme, ce réseau fera l'objet d'un maillage beaucoup plus complexe où chaque bâtiment, à son échelle, apportera sa contribution à la manière d'un nœud actif.
Le client lui-même devient de plus en plus demandeur de performance énergétique. Il devient coproducteur d'énergie. Cela transforme notre relation commerciale.
Le bâtiment de demain consommera et produira de l'énergie. Il fera l'objet d'une recherche d'optimisation permanente. D'où l'ouverture de nouveaux marchés. Les métiers initialement techniques apporteront aux clients un niveau de service en lien avec les fonctions du bâtiment. »
Le 29e colloque CSEEE était organisé le 6 novembre 2007 à Paris porte de Versailles dans le cadre du salon Bâtimat.
Les intervenants au 29e colloque CSEEEJean Marc Casso, dirigeant du Groupe Casso, composé de différentes entités spécialisées dans la prévention et la sécurité Incendie (Bureaux d'études, formation, conseil...)Bertrand Fabre, directeur des rédactions du Groupe Moniteur, ancien directeur des affaires juridiques et fiscales de la FFB. Ludovic Frantz, directeur commercial du marché résidentiel chez Schneider Electric. Emmanuel Gravier, Président de la CSEEE. Olivier Le Berre, responsable marketing France chez Legrand. Marc Marten, architecte responsable des projets internationaux au sein du cabinet Dominique Perrault. Yves Michaud, philosophe, professeur de philosophie à l'université Paris-I. Georges Rigaud, président de la FFB région Paris IDF. Louis-Jacques Urvoas, chargé du marketing stratégique de la branche commerce à EDF. Animation assurée par Bertrand Tierce, journaliste Chroniques et actions. |
Une vision toujours d'actualité !« Parmi les sources d'énergies mises à notre disposition pour le service de nos habitations, la place prise par l'électricité devient de plus en plus grande. L'idée ne viendrait à personne d'éclairer autrement sa maison, ni d'employer d'autres forces pour mouvoir son ascenseur. Seule l'importante question du chauffage n'est pas encore tranchée. » Citation d'Auguste Perret (1874-1954), architecte et entrepreneur, 1930.
|


